Giovanni Bellucci Beethoven Volume 4
Le volume 4 consacré aux « Variations Diabelli » et à la Sonate « Appassionata » paraitra au Printemps 2010.
Le volume 4 consacré aux « Variations Diabelli » et à la Sonate « Appassionata » paraitra au Printemps 2010.

Franz Liszt a consacré plus de la moitié de son activité musicale à des oeuvres d’autres compositeurs, il a au total écrit plus de trois cent cinquante paraphrases, transcriptions et adaptations, sauvant et soutenant ainsi des oeuvres de l’oubli. Alors que l’on a déjà pu découvrir le talent du pianiste Giovanni Bellucci dans les transcriptions des symphonies de Beethoven par Liszt, c’est cette fois-ci des paraphrases d’opéras de Bellini et Verdi que ce même pianiste nous permet de découvrir dans cet enregistrement paru en 2000 , aujourd’hui réédité par le label Lontano. Il faut dire que peu d’interprètes se risquent à ces oeuvres d’une très grande virtuosité. Selon Martin Kalneker, auteur du livret de cet album : » La paraphrase marque chez Liszt le point d’équilibre exact entre l’altruisme du passeur ( du « promoteur », comme on dirait de nos jours), d’une sensibilité pour ce qui est dans l’air du temps , et un narcissisme certain. Car si Liszt met son talent au service des autres( de leur mélodies très exactement), il verrouille en même temps cette générosité, puisque ces transcriptions sont presque inexécutables par d’autres pianistes que lui « . Il est vrai que l’écoute de ses œuvres dont Giovanni Bellucci offre une interprétation éblouissante laissent deviner leur difficulté d’exécution, mais surtout nourrit grandement notre imagination par leurs atmosphères contrastées dont ce talentueux interprète exalte merveilleusement les différentes couleurs. Celui-ci a bien voulu répondre à quelques questions pour présenter ce disque :
Martin Kalteneker auteur du livret indique » si Liszt met son talent au service des œuvres des autres […] il verrouille en même temps cette générosité , puisque ses transcriptions sont presque inexécutables par d’autres pianistes que lui » … qu’en pensez vous ?
J’ai souvent entendu parler d’un esprit de divulgation, ou pire, de vulgarisation, de Liszt, lorsqu’ il présentait à son auditoire ses transcriptions d’oeuvres symphoniques au piano. Rien de plus faux. La générosité humaine de Liszt, prouvée par plein d’épisodes que tout le monde désormais connaît par coeur, n’avait rien à voir avec son désir de donner au piano des perspectives sonores les plus amples possibles. La transcription de la Symphonie Fantastique de Berlioz/Liszt, que j’ai enregistré pour Decca récemment, est sous-titrée par son auteur « partition de piano », et ce n’est pas un hasard. Concevoir un piano qui est tellement riche de couleurs et tellement puissant et capable de réaliser des complexités rythmique pareilles, a été une réussite de Liszt incroyable, en 1833, c’est-à-dire seulement six ans après la disparition de Beethoven, et cinq après celle de Schubert. Je ne veux pas affirmer que les dernières oeuvres de Beethoven, telles que la Hammerklavier, soient faciles à exécuter, bien sûr. Mais Liszt, à travers ses transcriptions et ses paraphrases a donné au piano le rôle de « Medium » extraordinaire, capable d’évoquer un univers méta-pianistique. Une façon de nourrir l’imagination des compositeurs et des pianistes des générations successives, jusqu’au XXème siècle, même.
Avez-vous eu l’occasion de voir les opéras originaux, et que pensez-vous personnellement de la « traduction » qu’en a fait Franz Liszt ?
Liszt réalise une synthèse des Opéras traités, dans ses paraphrases. Aucune de ses paraphrases ne trahit l’esprit des Opéras de Verdi ou de Bellini. Mais si vous comparez le travail de Liszt avec celui , par exemple, de son rivale Thalberg , vous verrez que là où Thalberg cherche l’effet gratuit ou profite des Airs les plus célèbres, Liszt réorganise dans chaque paraphrase un discours cohérent et logique, on dirait presque un travail d’architecte. D’ailleurs je conseille d’écouter les Réminiscences de Norma de Liszt (morceaux qui se fait remarquer par l’absence de la mythique Casta diva) juste avant de se plonger dans l’opéra de Bellini dans sa version originale complète: la compréhension de la violence de la poétique de Bellini sera immédiate, et le Tristan de Wagner vous semblera la logique conséquence du délire bellinien de Norma.
Quelle logique de construction propre à Liszt trouvez-vous dans ces différentes Paraphrases , appartiennent-elles à votre avis plus à l’univers de Liszt que celui de Verdi ou Bellini ?
Je pense qu’il faut préciser une différence fondamentale entre les Transcriptions et les Paraphrases de Franz Liszt. Il s’agit de deux façons complètement différentes d’aborder la tâche du compositeur.
Si vous prenez la partition de la Paraphrase sur Aida, d’après Verdi, par exemple, vous vous rendrez compte du fait que Liszt a largement dépassé le concept de la « Variation » ou – encore pire – du « Pot pourri » musical. Le deux moments de l’Aida choisis par Liszt, la Danse sacrée et le Duetto Finale, sont traités comme s’il s’agissait d’images d’une sorte de cinéma avant la lettre. Lorsque la Danse meurt, avec un merveilleux effet de « fade out », le Duetto naît , à travers une technique que je me permets me définir « fade in ». Tout cela est possible, grâce à l’écriture pré-impressionniste que Liszt avait déjà « inventé » lors des années 1870.
Certaines personnes ont pu notamment reprocher que Les Réminiscences de Norma ressuscitent le ton héroïque de l’opéra au détriment de son aspect dramatique , est-ce à votre avis vraiment un défaut de cette paraphrase et plus généralement quelle qualité principale doit à votre avis avoir une transcription d’opéra ?
Je ne sais pas qui a formulé ce reproche aux réminiscences de Norma: je peux vous citer l’affirmation de Ferruccio Busoni, avis que je partage tout-à fait, selon laquelle « qui n’a pas écouté la partie centrale dramatique en si mineur et son développement suivant, avec l’immense élan en
si majeur (dans les Réminiscences de Norma), ne connaît pas Franz Liszt ». Je ne pense pas que le rôle d’une paraphrases de Liszt soit celui de « passeur ». Comme je ne pense pas non plus que chaque « Transformation » ou »Variation » dans les Diabelli op. 120 de Beethoven remplisse la fonction de « passeur » du Thème , de la banale Valse de Diabelli. Toute idée nouvelle à ses racines dans le passé. Et tout passe…
Bellini était décédé lorsque Liszt réalisa ces transcriptions mais Verdi lui était toujours en vie, sait-on ce qu’en pensa ce compositeur ?
Verdi a remercié Liszt de son travail, en se félicitant notamment de la paraphrase sur Aida, par une lettre où l’italien appréciait vraiment l’originalité de la composition lisztienne. Ce qui était bien rare, vu le caractère très dur de Giuseppe Verdi, qui n’était pas tendre avec ses collègues !
Ce disque est une réédition d’un disque paru en 2000, que pensez-vous neuf ans plus tard de votre interprétation d’alors, certains pianistes n’aiment pas réécouter d’anciens enregistrements, est-ce votre cas, jouez-vous souvent ces pièces en concert et d’une manière similaire ou bien votre jeu a-t-il évolué ?
Je ne joue jamais une oeuvre deux fois de la même façon… Mais c’est ça qui rend la vie de l’interprète intéressante, riche, variée… Qui peut affirmer que nous allons vers une évolution, socialement et humainement parlant, d’ailleurs? Je ne peux que nourrir mes doutes, et travailler sur moi même pour faire en sorte que les qualités de Liszt, de Beethoven, et des autres, puissent s’exprimer à travers mon clavier. Mais ce n’est pas à moi de juger.
Vous est-il arrivé de donner des masterclasses sur ces pièces, quel est le conseil principal que vous donnez à leur interprète ?
Oui, j’ai travaillé avec des jeunes pianistes qui jouaient des paraphrases de Liszt. Mais ils s’attachent surtout aux plus simples, et aux plus populaires, d’habitudes! C’est dommage, il y a tellement d’oeuvres pianistiques à découvrir. Je conseille davantage de courage dans la constitution du répertoire pour affronter la carrière musicale.
http://www.pianobleu.com


Recréations pianistiques
Pour autant, le pianiste montre par la suite combien il ne s’agit pas de citer des extraits d’opéras, ni de synthétiser de façon chronologique les passages clés des ouvrages lyriques: par réminiscences, il faut entendre liberté du souffle, improbable de la réminiscence qui sous les doigts de Bellucci et selon la feuille de route Lisztéenne, respectent en réalité un chemin dramaturgique personnel. Ainsi sa « Fantaisie » d’après la Sonnambula (toujours de Bellini, 1839-1874), suit-elle avec un art de la nuance, le schéma: exposition (heurté et percussif mais à dessein), puis la réminiscence proprement dite, faite de balancements, suspensions, variations… autour du motif du choeur « Osservate!« , repris quatre fois au cours de la démonstration digitale…
Le feu verdien, qui se fait aussi rires grimaçants et vertiges sonores, en un piano symphonique (et souvent cosmique) permet à l’interprète de montrer sa fougue et son entrain (Don Carlos), avec toujours cette affection de Liszt pour le mordant, le lugubre, le sinistre, le sépulcral (Miserere du Trovatore de 1859) ou surtout le diptyque harmoniquement si captivant inspiré par Aïda (Danse sacrée et Duo final, 1871) qui est de loin l’une des transcriptions libres les plus inventives de Liszt (avec la pièce finale inspirée de Rigoletto) et dont le pianiste rend les scintillements mordorés entre pure féerie et fantastique.
Ni transcriptions strictes ni souvenirs édulcorés: mais réminiscences lisztéennes c’est à dire recréations totales et immersions libres dans le flux musical originel. Sous les doigts magiciens de Giovanni Belllucci, les eaux-fortes de Liszt resplendissent moins par leur virtuosité excentrique que par leur géniale invention. N’écoutez que la paraphrase de concert de Rigoletto (1859), et vous tomberez sous le charme de son disque irrésistible. »

Giovanni Bellucci est considéré comme l’une des plus grandes figures du piano contemporain : son enregistrement des Paraphrases de Franz Liszt sur les opéras de Verdi et de Bellini a été classé par le magazine Diapason parmi les dix meilleurs enregistrements lisztiens de l’histoire. La très sévère sélection comprenait – outre Bellucci – Martha Argerich, Claudio Arrau, Aldo Ciccolini, Gyorgy Cziffra, Wilhelm Kempff et Krystian Zimerman.
Ce jugement de Diapason s’ajoute aux louanges unanimes de la presse spécialisée la plus prestigieuse en faveur de l’artiste italien. En effet, tous ses CDs ont été primés: “ Choc ” du Monde de la Musique, “ Editor’s choice ” de la revue Gramophone, “ Cinq étoiles ” de Musica, “ Cinq étoiles ” du BBC Music Magazine, “ CD exceptionnel ” de Répertoire, “ 4 Clefs ” de Télérama, “ Meilleur CD ” de la revue Suono. Pour la revue britannique Gramophone, Bellucci est un artiste destiné à poursuivre la grande tradition italienne, historiquement représentée par Busoni, Zecchi, Michelangeli, Ciani et Pollini”.
“ Il n’y a pas dix pianistes comme lui dans le monde : Bellucci renoue avec l’âge d’or du piano ” commente le journal Le Monde après sa victoire au World Piano Masters Competition de Monte-Carlo en 1996 qui clôt une longue série de succès dans des concours internationaux : Concours Reine Elizabeth de Bruxelles, Prague Spring Competition, Prix Alfredo Casella de la RAI, Prix Busoni, Prix Franz Liszt, Concours Claude Kahn à Paris.
“ Bellucci est une force de la nature déchaînée, mais ni brutale, ni mécanique, une force, par contre, énorme, palpitante ” écrit, en se référant à l’interprétation de la sonate de Beethoven “ Hammerklavier ” le critique italien Piero Rattalino. Il peint le portrait d’un talent musical qui se manifeste presque par hasard, en 1979, lorsque Giovanni Bellucci, âgé de 14 ans, découvre le piano. Autodidacte, il interprète les 32 sonates de Beethoven. Deux ans plus tard, il donne son premier concert avec orchestre avec le Totentanz de Franz Liszt. A l’âge de 20 ans, il achève ses études pianistiques sous la direction de Franco Medori, en remportant le 1er prix, décerné à l’unanimité avec félicitations du jury, du Conservatoire Santa Cecilia de Rome.
Invité à l’Académie de Imola par le grand pianiste russe Lazar Berman, qui dira de lui en 1991 : “ Bellucci est l’un des plus grands talents qu’il m’ait été donné d’écouter… à travers sa phénoménale virtuosité, il engendre un discours musical hautement novateur ”, il y obtient le “ Master ” en 1996. Il a, par la suite, des contacts enrichissants avec des artistes tels que Paul Badura-Skoda, Alfred Brendel, Murray Perahia et Maurizio Pollini.
A Paris, Bellucci se lance dans une activité intense de concertiste. Soliste accompagné par des orchestres tels que Los Angeles Philharmonic, Dallas Symphony, Sydney Symphony, BBC Philharmonic, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Orchestra Sinfonica dell’Accademia Nazionale di S. Cecilia, Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI, Orchestre National de Belgique, National de Montpellier, “ Sinfonia Varsovia ”, Virtuoses de Prague, Orchestre de Chambre de Zürich, etc. Il joue sous la baguette de chefs et collabore avec des artistes comme Abbado, Accardo, Casadesus, Demarquette,
Giovanni Bellucci se produit dans les salles, théâtres et festivals internationaux les plus prestigieux : Hollywood Bowl, auquel il doit ses débuts américains devant 18000 spectateurs, Performing Art Society de Washington, Newport, Yokohama, Singapour, Sydney Opera House, Grande Salle au Musikverein de Vienne, Bath (Angleterre), Radio Suisse de Lugano, La Roque d’Anthéron, Besançon, Menton, Radio-France à Montpellier, Folle Journée de Nantes, Philharmonique de Bruxelles, Herkulessaal de Munich ( où il reçoit par ailleurs le prix de la presse allemande comme meilleur événement artistique ), Radio de Berlin, Rudolfinum de Prague, Radio d’Helsinki, Festival de Brescia et Bergame, de Ravello, Settembre Musica de Turin, à la Scala de Milan, au Théâtre la Fenice à Venise, au Théâtre C. Felice de Gênes, à l’Opéra de Rome, et dans toutes les grandes salles parisiennes : Cité de la Musique, Salle Pleyel, Auditorium du Louvre, Salle Messiaen de Radio-France, Salle Gaveau, Théâtre du Châtelet.
Un récent concert de Bellucci à la City Recital Hall di Sydney – dans lequel il proposait la Symphonie Fantastique de Berlioz/Liszt – a obtenu le prix “Recital of the year”, attribué par le Sydney Morning Herald.
DECCA a publié la transcendante Symphonie Fantastique de Berlioz/Liszt interprétée par Giovanni Bellucci, tandis qu’ ACCORD-Universal a produit un nouveau disque du pianiste italien avec les Concertos pour piano et orchestre et les Rhapsodies Hongroises de Franz Liszt.
Nous signalons aussi la sortie chez l’éditeur Lontano/WARNER des trois premiers CD’s du cycle dédié à la monumentale intégrale des 32 Sonates de Beethoven et des 9 Symphonies de Beethoven/Liszt.



Ecoutez le 3ème mouvement de la Sonate n° 26 Opus 81a “Les Adieux”
Regardez Giovanni Bellucci interpréter le 4ème mouvement de la Sonate Opus 106 “Hammerklavier”

Créée en 2005 par Pierre-Alexandre Mati, la Société Lontano est née de l’attente de musiciens, internationalement reconnus, et de leur désir de faire partager leur sensibilité artistique avec le public.
Afin de compléter notre métier, qui était à l’origine essentiellement consacré à la production discographique (Distribution mondiale, Warner Classics and Jazz) et à la réalisation de spectacles musicaux avec projection d’images (”Armenia” dont la 1ère avait été donné au Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet de Paris), les dirigeants actuels ont souhaité développer parallèlement une activité dédiée à la production et à la co-production de concerts Classique et Jazz.
Lontano est ainsi devenu Lontano-Productions.
Avec le soutien de nos partenaires historiques (Warner Music, Mezzo, Radio Classique, Les Productions Internationales Albert Sarfati …), chaque projet musical est pensé et réalisé en parfaite adéquation avec les exigences artistiques des Artistes de notre label pour un plaisir partagé.