C’est comme deux gamins qu’ils sont allés acheter leur CD dans une FNAC parisienne. Lundi 18 mai, date d’une sortie programmée pour être à l’échelle du globe par Warner Classics & Jazz. Ensemble. Parce qu’ils ont aussi cette particularité d’être nés à quelques minutes d’intervalle, il y a trente-trois années de ça, clinique de Saint-Saulve. De vrais jumeaux.
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Christophe et Tony Raymond en concert au Sunside (Paris)


Les Frères Raymond sur la scène du Sunside à Paris le 8 octobre à partir de 21 heures.
Christophe et Tony Raymond France Info (31 mai 2009)
Ecoutez la chronique de France Info « Tendance Jazz » du 31 mai 2009
Christophe et Tony Raymond / La Voix du Nord (23 mai 2009)
Presque des enfants de Denain. Pendant dix ans, entre 1976 et 1986, des frères jumeaux, Christophe et Tony Raymond, ont grandi ici, au-dessus du magasin de musique de leur parent, rue de Villars. Depuis, ils sont devenus un duo de jazzmen reconnus. Auteurs et interprètes d’un premier CD chez Lontano (Distribution, Warner Jazz).
Une sortie mondiale, s’il vous plaît.
On les appelle « Les deux anges du jazz ». Christophe et Tony Raymond. Dans le milieu, plus simplement, on parle des « Frères Raymond », adoubés par Michel Petrucciani ou encore Didier Lockwood – d’ailleurs invité de marque sur cet album. Nés un 12 mai, la vie leur a offert à quelques jours près ce après quoi ils courent depuis une éternité. Tels un duo d’alpinistes à l’assaut du K2, la sortie de leur premier album sonne comme un départ définitif du camp de base vers le sommet. Deux autres opus sont d’ores et déjà prévus sous le label Lontano.
L’un comme l’autre, deux voix aux timbres quasi égaux au téléphone, ils confirment : « Ça a été horriblement dur ». Arriver jusque-là. «Pendant quatorze ans, il n’y avait que nous deux pour s’accrocher, et quelques personnes, heureusement, autour de nous qui ont été nos lampadaires sur notre chemin… » Mais l’obstination et le talent en valaient la chandelle. Avec ce côté de ne pas y croire, toujours dans la bouche de Christophe : «C’ est un peu exceptionnel ce qui nous arrive, surtout en ce moment avec la crise du disque, signer pour trois albums en sortie mondiale et que ça soit le n°2 de Warner qui s’occupe de la promotion…» Ils ont passé leur prime enfance à Denain. Au 116 bis de la rue de Villars. Dans un véritable bain musical. À l’époque, les numéros de téléphones ne possédaient que six chiffres et la mode était beaucoup au piano à bretelles. Comme leur maman, Louisette Raymond à la ville, mais Lise Darnell à la scène, derrière son accordéon. Une Haveluynoise pur jus, bien connue des soirées régionales d’alors, où elle se produisait avec son orchestre.
La famille possède un magnifique magasin de musique – en plus des cours dispensés à l’école d’orgue – dans l’artère principale de la cité feumière. Dans lequel les deux frangins vont jouer leurs premières gammes. « Les souvenirs que j’en ai, c’est de bons souvenirs », affirme encore aujourd’hui Tony. «Par exemple, quand je descendais l’escalier pour aller en bas alors que c’était l’heure de me coucher et que je n’avais pas le droit de descendre… J’y allais en cachette pour essayer de toucher un piano.» Départ ensuite pour Perpignan, années conservatoire. Actuellement en pleines tractations pour trouver un tourneur international, parions que le théâtre de Denain accueillerait avec le plus grand plaisir ses deux prodiges.
Laurent Breye







