Danielle Laval enregistre Francis Poulenc

Le prochain CD de Danielle Laval sera consacré à Francis Poulenc (l’un des rares compositeurs que cette grande Dame du piano n’avait pas encore enregistré).
Parution en septembre 2010

Le prochain CD de Danielle Laval sera consacré à Francis Poulenc (l’un des rares compositeurs que cette grande Dame du piano n’avait pas encore enregistré).
Parution en septembre 2010

© Roman Goncharov
Ceux qui ont assisté à son récital Chopin l’an dernier n’en sont toujours pas revenus. Limpidité, musicalité, technique époustouflante, sensibilité… : cette pianiste française d’origine russe a été formée à la très exigeante école russe de piano et a su intégrer tout ce que notre culture plus latine a de meilleur. On se réjouit donc à l’idée de l’entendre donner sa version d’œuvres majeures du répertoire.
Valentina Igoshina commencera avec Chopin, dont on célèbre cette année le bicentenaire de la naissance ; au menu Polonaise, Nocturne, Valses…. émerveillement garanti ! Le programme se poursuivra avec la 17e sonate pour piano de Ludwig van Beethoven – on pourra là comprendre pourquoi les grands pianistes russes ont tous été de grands beethovéniens – et trois transcriptions par Franz Liszt de Lieder de Franz Schubert.
Le magnifique Théâtre Saint-Bonnet accueillera deux de nos artistes les 12 et 13 février 2010 pour un Week-End musical d’exception :
Valentina Igoshina le 12 à 21 h

Sylvain Blassel le 13 à 21 h

Renseignements et Reservations au 02 48 65 61 76
Site officiel: http://www.theatre-saint-bonnet.fr
Le volume 4 consacré aux « Variations Diabelli » et à la Sonate « Appassionata » paraitra au Printemps 2010.

Devant la salle Gaveau (16 octobre), Muza Rubackyté arrive peut avant son concert. Le pas pressé, presque nerveux. Dans quelques instants, elle sera sur la scène et jouera : Mozart (Fantaisie et Sonate), Beethoven (Sonate, Fantaisie), Chopin (Fantaisie et Sonate funèbre), Scriabine (Sonate n° 5) et Liszt (Dante fantaisie). Rien que ça. Ses classiques sont libres. Mozart ornementé, peut être trop. Muza ne cherche pas l’équilibre, si périlleux, des classiques. Elle contraste, romantise ou estompe un finale de sonate. Elle y met sa fantaisie. Puis arrive les romantiques justement : les vrais. Et là, il faut avouer ce que l’on a entendu : un souffle puissant, emporté dans l’Opus 49 de Chopin, une marche funèbre glacée et glaciale avec un finale halluciné par le spectre des autres mouvements. On a aussi entendu l’inspiration d’une cinquième sonate de Scriabine, d’un seul geste avec l’ampleur d’une sonorité ondoyée de souplesse, de noblesse. Hiératique. Enfin, sans en revenir, ce fut la Dante Fantaisie. Tenue, électrique. Diabolique. En ce soir d’octobre, Muza a embrassé Satan. Elle a signé avec le diable, Mephisto était à ses pieds. On a rarement entendu un tel récital, on n’en est toujours pas revenu : Muza est une grande pianiste car elle nous mène dans ses contrées, vallées de tempêtes, vents de naufrages sauvés. C’est une artiste inspirée, loin de toutes tentations, des modes, des trucs : elle joue sans tricher. Elle soulève par sa conviction. Cela fait du bien. Oui, Muza Rubackyté est une grande musicienne.
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16 Octobre 2009 – Compte-rendu : Mûza Rubackyté en récital à Gaveau – La force pas tranquille |
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Durant les deux heures de ce récital exceptionnel par sa rareté et par sa qualité, autant que par les valeurs qu’il voulait célébrer puisque Mûza Rubackyté est considérée par la Lituanie comme l’un de ses plus emblématiques porte-parole, le public a pu méditer sur la différence qu’il y avait entre brutalité et puissance, emportement et violence, car la pianiste crée un état de choc par la couleur de son jeu. La médiatisation n’a décidément rien compris à cette étonnante figure, en laquelle se croisent tant de repères culturels européens autour d’une individualité hors normes. Peu savent la beauté farouche que cette dame blonde au beau profil de reine du XIXe siècle confère à la plus apparemment inoffensive des musiques. On se souvient notamment d’un CD Scarlatti baigné de lumière (Lyrinx), la maison de disques qui se partage ses enregistrements avec Brilliant Classics, et on découvre aujourd’hui le raffinement d’une version de chambre inédite du 4e Concerto de Beethoven (avec accompagnement de quintette à cordes), exhumée en 1996 et enregistrée en concert en mai 2009 avec le Quatuor Shanghai augmenté de l’altiste Girdutis Jakaitis. (1) Elle arrive dans ses taffetas, toise la salle toussotante de son autorité tendue, et d’emblée se jette, nous jette dans un Mozart qui n’a certes rien de gentil. Aigu, serré, son jeu ramasse les intentions du musicien en un fil conducteur qui ne se perd jamais dans les méandres de l’hédonisme. La fantaisie va mener le récital, puisque c’est l’emblème sous laquelle la pianiste l’a placé, de cette Fantaisie K457 de Mozart, suivie de sa Sonate K 310, jusqu’à Liszt (Après une lecture de Dante). Une fantaisie aussi maîtrisée qu’un cours de danse de l’école Vaganova à l’ex- Kirov, dont cette lituanienne formée à Moscou et Saint-Pétersbourg a d’ailleurs un faux air de professeur, par son maintien académique, son dos de ballerine et son port altier. On sent qu’une férule a maintenu le tempérament irrésistible de cette femme, ne donnant que plus de prix à la profondeur de ses visions : une Sonate « Clair de lune » angoissée, s’enfonçant dans la nuit avec une tristesse poignante, et menée de cette façon très particulière qu’a la pianiste de tenir les montées mélodiques comme une marionnettiste. Fantaisie encore en deuxième partie, avec Chopin et sa Fantaisie op. 49, enlevée avec une vigueur qui, sans jamais brutaliser les oreilles, a cependant imposé un toucher chargé par des excès de pédale, laissant peu de place au silence. On a envie de suggérer à l’artiste de se poser parfois un peu, de laisser le rêve tenter quelques percées dans son dur univers. Puis, avec cette ascension dramatique qui marque chez elle le conflit entre rigueur et emportement, la Sonate funèbre a déroulé ses anneaux, là aussi impitoyables, avec une marche funèbre étouffante, jusqu’au souffle glacé du dernier mouvement. La transe a ensuite monté grâce à Scriabine et son extatique 5ème Sonate, pour trouver son apogée dans la Dante de Liszt, l’un de ses chevaux de bataille : là, touchant au terme de son énorme programme, la pianiste s’est déchaînée. Et lorsque dame Mûza se déchaîne, l’on n’a qu’à bien se tenir. Une galopade pantelante, où le toucher se faisait plus dur, et la précision moindre, mais sans perdre de son pouvoir visionnaire. En bis, Bach trancrit par Busoni : pour une paix fictive, car elle a dû mettre plus longtemps pour revenir sur terre et serrer ses nombreux bouquets. Une soirée qu’on n’oubliera pas. On en est sorti bousculé, conquis plus encore que séduit. Jacqueline Thuilleux Paris, Salle Gaveau, 16 octobre 2009 (1) Concerto n°4 de Beethoven, 1 CD Lontano/dist. Warner |
Mūza Rubackytė donnera le vendredi 16 octobre à 20h30 à la Salle Gaveau de Paris, un unique récital intitulé « Fantasia Quasi Sonata ». Depuis plusieurs années, la pianiste lituanienne ne s’est pas produite à Paris seule sur scène, alors qu’elle est invitée dans de nombreuses salles internationales. Le programme qu’elle propose en exclusivité pour ce concert parisien a été conçu autour de l’idée, en forme de palindrome, de la Fantaisie presque Sonate ou de la Sonate presque Fantaisie, offrant un miroir des œuvres de Mozart et Beethoven, puis de Chopin et Scriabine. « Fantasia quasi Sonata » est une pièce de Liszt, inspirée d’une lecture de Dante qui, sous les doigts de la virtuose, terminera le récital tout en lui ayant donné son titre. A l’automne sort son disque consacré à son autre auteur de prédilection et c’est une première : le Concerto N°4 de Beethoven, dans sa version pour piano et quintette à cordes (CD distribué par Warner). Renseignements et réservations par téléphone au 01 45 62 69 71. Salle Gaveau : 45, Rue La Boétie à Paris.
billetterie@sallegaveau.comM^za Rubackyté en M

Franz Liszt a consacré plus de la moitié de son activité musicale à des oeuvres d’autres compositeurs, il a au total écrit plus de trois cent cinquante paraphrases, transcriptions et adaptations, sauvant et soutenant ainsi des oeuvres de l’oubli. Alors que l’on a déjà pu découvrir le talent du pianiste Giovanni Bellucci dans les transcriptions des symphonies de Beethoven par Liszt, c’est cette fois-ci des paraphrases d’opéras de Bellini et Verdi que ce même pianiste nous permet de découvrir dans cet enregistrement paru en 2000 , aujourd’hui réédité par le label Lontano. Il faut dire que peu d’interprètes se risquent à ces oeuvres d’une très grande virtuosité. Selon Martin Kalneker, auteur du livret de cet album : » La paraphrase marque chez Liszt le point d’équilibre exact entre l’altruisme du passeur ( du « promoteur », comme on dirait de nos jours), d’une sensibilité pour ce qui est dans l’air du temps , et un narcissisme certain. Car si Liszt met son talent au service des autres( de leur mélodies très exactement), il verrouille en même temps cette générosité, puisque ces transcriptions sont presque inexécutables par d’autres pianistes que lui « . Il est vrai que l’écoute de ses œuvres dont Giovanni Bellucci offre une interprétation éblouissante laissent deviner leur difficulté d’exécution, mais surtout nourrit grandement notre imagination par leurs atmosphères contrastées dont ce talentueux interprète exalte merveilleusement les différentes couleurs. Celui-ci a bien voulu répondre à quelques questions pour présenter ce disque :
Martin Kalteneker auteur du livret indique » si Liszt met son talent au service des œuvres des autres […] il verrouille en même temps cette générosité , puisque ses transcriptions sont presque inexécutables par d’autres pianistes que lui » … qu’en pensez vous ?
J’ai souvent entendu parler d’un esprit de divulgation, ou pire, de vulgarisation, de Liszt, lorsqu’ il présentait à son auditoire ses transcriptions d’oeuvres symphoniques au piano. Rien de plus faux. La générosité humaine de Liszt, prouvée par plein d’épisodes que tout le monde désormais connaît par coeur, n’avait rien à voir avec son désir de donner au piano des perspectives sonores les plus amples possibles. La transcription de la Symphonie Fantastique de Berlioz/Liszt, que j’ai enregistré pour Decca récemment, est sous-titrée par son auteur « partition de piano », et ce n’est pas un hasard. Concevoir un piano qui est tellement riche de couleurs et tellement puissant et capable de réaliser des complexités rythmique pareilles, a été une réussite de Liszt incroyable, en 1833, c’est-à-dire seulement six ans après la disparition de Beethoven, et cinq après celle de Schubert. Je ne veux pas affirmer que les dernières oeuvres de Beethoven, telles que la Hammerklavier, soient faciles à exécuter, bien sûr. Mais Liszt, à travers ses transcriptions et ses paraphrases a donné au piano le rôle de « Medium » extraordinaire, capable d’évoquer un univers méta-pianistique. Une façon de nourrir l’imagination des compositeurs et des pianistes des générations successives, jusqu’au XXème siècle, même.
Avez-vous eu l’occasion de voir les opéras originaux, et que pensez-vous personnellement de la « traduction » qu’en a fait Franz Liszt ?
Liszt réalise une synthèse des Opéras traités, dans ses paraphrases. Aucune de ses paraphrases ne trahit l’esprit des Opéras de Verdi ou de Bellini. Mais si vous comparez le travail de Liszt avec celui , par exemple, de son rivale Thalberg , vous verrez que là où Thalberg cherche l’effet gratuit ou profite des Airs les plus célèbres, Liszt réorganise dans chaque paraphrase un discours cohérent et logique, on dirait presque un travail d’architecte. D’ailleurs je conseille d’écouter les Réminiscences de Norma de Liszt (morceaux qui se fait remarquer par l’absence de la mythique Casta diva) juste avant de se plonger dans l’opéra de Bellini dans sa version originale complète: la compréhension de la violence de la poétique de Bellini sera immédiate, et le Tristan de Wagner vous semblera la logique conséquence du délire bellinien de Norma.
Quelle logique de construction propre à Liszt trouvez-vous dans ces différentes Paraphrases , appartiennent-elles à votre avis plus à l’univers de Liszt que celui de Verdi ou Bellini ?
Je pense qu’il faut préciser une différence fondamentale entre les Transcriptions et les Paraphrases de Franz Liszt. Il s’agit de deux façons complètement différentes d’aborder la tâche du compositeur.
Si vous prenez la partition de la Paraphrase sur Aida, d’après Verdi, par exemple, vous vous rendrez compte du fait que Liszt a largement dépassé le concept de la « Variation » ou – encore pire – du « Pot pourri » musical. Le deux moments de l’Aida choisis par Liszt, la Danse sacrée et le Duetto Finale, sont traités comme s’il s’agissait d’images d’une sorte de cinéma avant la lettre. Lorsque la Danse meurt, avec un merveilleux effet de « fade out », le Duetto naît , à travers une technique que je me permets me définir « fade in ». Tout cela est possible, grâce à l’écriture pré-impressionniste que Liszt avait déjà « inventé » lors des années 1870.
Certaines personnes ont pu notamment reprocher que Les Réminiscences de Norma ressuscitent le ton héroïque de l’opéra au détriment de son aspect dramatique , est-ce à votre avis vraiment un défaut de cette paraphrase et plus généralement quelle qualité principale doit à votre avis avoir une transcription d’opéra ?
Je ne sais pas qui a formulé ce reproche aux réminiscences de Norma: je peux vous citer l’affirmation de Ferruccio Busoni, avis que je partage tout-à fait, selon laquelle « qui n’a pas écouté la partie centrale dramatique en si mineur et son développement suivant, avec l’immense élan en
si majeur (dans les Réminiscences de Norma), ne connaît pas Franz Liszt ». Je ne pense pas que le rôle d’une paraphrases de Liszt soit celui de « passeur ». Comme je ne pense pas non plus que chaque « Transformation » ou »Variation » dans les Diabelli op. 120 de Beethoven remplisse la fonction de « passeur » du Thème , de la banale Valse de Diabelli. Toute idée nouvelle à ses racines dans le passé. Et tout passe…
Bellini était décédé lorsque Liszt réalisa ces transcriptions mais Verdi lui était toujours en vie, sait-on ce qu’en pensa ce compositeur ?
Verdi a remercié Liszt de son travail, en se félicitant notamment de la paraphrase sur Aida, par une lettre où l’italien appréciait vraiment l’originalité de la composition lisztienne. Ce qui était bien rare, vu le caractère très dur de Giuseppe Verdi, qui n’était pas tendre avec ses collègues !
Ce disque est une réédition d’un disque paru en 2000, que pensez-vous neuf ans plus tard de votre interprétation d’alors, certains pianistes n’aiment pas réécouter d’anciens enregistrements, est-ce votre cas, jouez-vous souvent ces pièces en concert et d’une manière similaire ou bien votre jeu a-t-il évolué ?
Je ne joue jamais une oeuvre deux fois de la même façon… Mais c’est ça qui rend la vie de l’interprète intéressante, riche, variée… Qui peut affirmer que nous allons vers une évolution, socialement et humainement parlant, d’ailleurs? Je ne peux que nourrir mes doutes, et travailler sur moi même pour faire en sorte que les qualités de Liszt, de Beethoven, et des autres, puissent s’exprimer à travers mon clavier. Mais ce n’est pas à moi de juger.
Vous est-il arrivé de donner des masterclasses sur ces pièces, quel est le conseil principal que vous donnez à leur interprète ?
Oui, j’ai travaillé avec des jeunes pianistes qui jouaient des paraphrases de Liszt. Mais ils s’attachent surtout aux plus simples, et aux plus populaires, d’habitudes! C’est dommage, il y a tellement d’oeuvres pianistiques à découvrir. Je conseille davantage de courage dans la constitution du répertoire pour affronter la carrière musicale.
http://www.pianobleu.com
Créée en 2005 par Pierre-Alexandre Mati, la Société Lontano est née de l’attente de musiciens, internationalement reconnus, et de leur désir de faire partager leur sensibilité artistique avec le public.
Afin de compléter notre métier, qui était à l’origine essentiellement consacré à la production discographique (Distribution mondiale, Warner Classics and Jazz) et à la réalisation de spectacles musicaux avec projection d’images (”Armenia” dont la 1ère avait été donné au Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet de Paris), les dirigeants actuels ont souhaité développer parallèlement une activité dédiée à la production et à la co-production de concerts Classique et Jazz.
Lontano est ainsi devenu Lontano-Productions.
Avec le soutien de nos partenaires historiques (Warner Music, Mezzo, Radio Classique, Les Productions Internationales Albert Sarfati …), chaque projet musical est pensé et réalisé en parfaite adéquation avec les exigences artistiques des Artistes de notre label pour un plaisir partagé.